LE MONT FUJI : guide complet pour une ascension inoubliable

Quand on vous dit Japon, vous pensez automatiquement à ce très célèbre volcan. J’ai nommé le mont Fuji ou Fuji-San ( 富士山 ) pour les japonais. Il est inscrit au  patrimoine mondial de l’UNESCO sous le titre « Fujisan, lieu sacré et source d’inspiration artistique » depuis 2013. Il affiche 3 776 m d’altitude, c’est le point culminant du Japon. Et c’est une expérience inoubliable pour un randonneur !

Article mis à jour en janvier 2020

1 – Aller au mont Fuji

Mont Fuji au Japon par Daniel Hehn
Mont Fuji par Daniel Hahn

Les différents parcours

Il existe plusieurs routes pour randonner jusqu’au sommet du mont Fuji :

  • Yoshida (dans la préfecture de Yamanashi) : c’est la plus populaire car elle est très bien aménagée et ne nécessite pas de compétences élevées en escalade ou autre. Ligne jaune sur le plan.
  • Fujinomiya (dans la préfecture de Shizuoka) : c’est la deuxième route la plus empruntée; elle est située plein ouest. Ligne bleue sur le plan.
  • Subashiri (dans la préfecture de Shizuoka) : c’est un parcours beaucoup moins emprunté qui, de toute façon, rejoint la route Yoshida en fin d’ascension. Ligne rouge sur le plan.
  • Gotemba (dans la préfecture de Shizuoka) : c’est la route la moins empruntée car elle commence à une altitude plus basse que les autres (donc vous mettez plus de temps). En outre, le chemin est essentiellement recouvert d’anciennes coulées de lave sans végétation. De plus il y a beaucoup moins d’infrastructures pour se restaurer, se reposer …. Ligne verte sur le plan.
Carte du Mont Fuji au Japon

Nous avons choisi la route Yoshida. Et le sentier commence à la 5ème station. En effet, tout le trajet de l’ascension est ponctué de points répertoriés appelés stations.

Il faut savoir que le sentier montant au sommet du mont Fuji n’est pas ouvert toute l’année. Vous pouvez monter entre le 1er juillet (pour la route Yoshida) ou le 10 juillet (pour les autres routes) et le 10 septembre.

Les transports pour arriver au départ de la route Yoshida

Pour rallier la 5ème station de la route Yoshida, vous avez plusieurs solutions :

  • le bus direct de la gare de Shinjuku (la plus grande de Tokyo). Il vous dépose à la 5ème station en 2h25 pour 2950 Yens soit environ 24.30 euros (aller). Voici le lien pour trouver plus d’informations :
  • vous pouvez prendre le bus de Yokohama station ou Center-Kita Station ou Tama Plaza Station
  • ou si vous venez de l’aéroport de Heneda, il y a le Heneda Airport-Direct Highway bus qui vous amène à la 5ème station
  • en prenant le train, il vous faudra faire plusieurs changements : de Shinjuku station à Otsuki Station en empruntant la JR Line; puis jusqu’à Kawaguchiko Station en empruntant la Fujikyuko Line; enfin vous prendrez un bus qui amènera jusqu’à la 5ème station

2 – L’ascension du Mont Fuji

Voici le plan de la route Yoshida :

Route Yoshida Mont Fuji
Carte de la route Yoshida Mont Fuji

Tout d’abord, une fois descendu du bus, vous passez par un petit guichet pour payer une contribution de 1000 Yens (en vigueur depuis 2013). On vous donne en échange un petit guide papier très bien fait en anglais. Ensuite, vous vous dirigez vers le sentier qui est très bien indiqué. Vous êtes à la 5ème station qui se situe à 2305 m d’altitude.

Le parcours est organisé en 4 parties. Tout d’abord un chemin d’accès à la pente du volcan. Puis une voie montante jusqu’à la station réelle 8. Ensuite vous avez un tronçon commun aux personnes qui montent et à celles qui descendent pour atteindre le sommet. Enfin vous avez une voie descendante pour retrouver le chemin d’accès à la 5ème station. Le point de jonction entre la voie montante et descendante se trouve à la station réelle 8.

La première partie du sentier est super tranquille. Mais les choses se corsent assez vite, rassurez-vous.

Les différentes stations de la route Yoshida (voie montante)

Station 5

Altitude : 2 305 m
Premiers secours accessibles
Centre d’infos
Toilettes
Temps estimé pour atteindre le prochain point : 20 min

Les chutes d’Izumigataki

2 chalets de montagne : Sato Goya et Satomidaira
Toilettes
Temps estimé jusqu’à la station suivante : 30 min

Station 6

Altitude : 2 390 m
Centre d’infos
Toilettes
Temps estimé jusqu’à la station suivante : 60 min

Station 7

Altitude : 2 700 m
1 centre de premiers secours à mi-parcours (station 8)
12 chalets de montagnes entre les stations 7 et 8
Toilettes
Temps estimé jusqu’à la station suivante : 180 min

Réelle station 8

Altitude : 3 360 m
Point de jonction entre le chemin montant et descendant
Des chalets parmi les 12 présents entre la station 7 et 8 réelle
Toilettes
Temps estimé jusqu’à la station suivante : 20 min

Station 8.5

Altitude : 3 450 m
2 chalets de montagne
Toilettes
Temps estimé jusqu’à la station suivante : 30 min

Station 9

Altitude : 3 580 m
Temps estimé jusqu’à la prochaine station : 30 min

Sommet du Mont Fuji

Altitude : 3 715 m
Kusushi-jinja Shrine

Temps total estimé de montée : 6 h 10 min

Les différentes stations de la route Yoshida (voie descendante)

A la différence de la voie montante, il n’y a pas de chalets de montagne où vous pouvez manger, vous reposer. Vous trouverez seulement des toilettes avec un point d’eau. De plus, le terrain est différent. Pas de zone avec des rochers à franchir, où le chemin est très étroit. Par contre, vous marcherez sur un terrain très meuble (c’est un terrain volcanique), qui ressemble à un tapis de billes à certains endroits. La prudence s’impose pour ne pas se retrouver très vite les quatre fers en l’air !

Sommet du Mont Fuji

Altitude : 3 715 m
Temps estimé jusqu’à la station suivante : 60 min

Station réelle 8

Altitude : 3 360 m
Des chalets de montagnes
Toilettes
Temps estimé jusqu’à la station 6 : 135 min

Station 7

Altitude : 2 700 m

Station 6

Altitude : 2 390 m
Point de jonction avec la voie montante
Temps estimé jusqu’à la station suivante : 50 min

Station 5

Altitude : 2 305 m
Point de départ de la randonnée

Temps total estimé de descente : 4 h 5 min

3 – Forme physique et matériel

Condition physique

Réaliser l’ascension du mont Fuji est tout à fait accessible. Mais ce n’est pas non plus une promenade de santé. Il faut un minimum de condition physique pour pouvoir supporter des heures et des heures de marche. Pour vous donner une idée, nous avons croisé sur le chemin des enfants comme des personnes âgées. Mais beaucoup de ces personnes n’hésitaient pas à faire de nombreux arrêts pour se restaurer, reprendre leur souffle ….

Et il ne faut pas hésiter à s’arrêter. Ne serait-ce pour vous acclimater à l’altitude.

Le matériel

Voici notre liste établie suite à notre expérience :

  • de très bonnes chaussures de randonnée (pas de baskets ou de chaussures légères). C’est un terrain volcanique donc il faut quelque chose qui accroche bien. INDISPENSABLE !
  • un pantalon de randonnée (qui respire, qui vous garde au sec et élastique)
  • des vêtements chauds (doudoune, gants, bonnets) car plus vous montez, plus il fait froid. C’est d’autant plus vrai lorsque vous choisissez de faire l’ascension de nuit, comme nous, pour assister au lever du soleil. Pour vous donner une idée, nous étions partis avec les doudounes légères de Décathlon (celle qui se roule en boule dans un pochon). Ce n’était absolument pas assez chaud ! Nous rencontrions sur le chemin des japonais en tenue de ski. Au début, nous trouvions cela exagéré, mais plus on montait, plus on comprenait l’intérêt d’un tel équipement !
  • chapeau et lunettes de soleil pour ceux qui montent de jour. En effet, à partir de la station réelle 8, vous avez toutes les chances de vous trouver au-dessus de toute couche nuageuse, donc avec un soleil ardent.
  • un poncho de pluie (au cas ou)
  • des bâtons de marche (utile à la montée pour pousser dessus et monter plus facilement; à la descente pour éviter les chutes)
  • un sac à dos avec au moins 2 litres d’eau, des barres de céréales, pâte d’amande ….. bref de l’énergie et n’hésitez pas sur la quantité (mieux vaut en emmener plus que pas assez !) et un petit sac plastique pour vos déchets
  • des lampes torches ou frontales lorsqu’on fait l’ascension de nuit
  • des Yens et là aussi, n’hésitez pas sur la somme car vous pouvez être amené à devoir vous arrêter dans les chalets de montagne car vous êtes malade ou trop fatigué. C’est l’expérience qui parle. Eric est très sensible à l’altitude et n’avait certainement pas assez mangé. Au vu de son état, nous nous sommes arrêté 2 heures dans un de ces chalets pour qu’il soit au chaud et au repos. On paie à l’heure de présence/personne et suivant si vous choisissez le banc, le tatami pour vous allonger ou les lits avec petits rideaux.
  • le livret d’explications remis au départ. Si vous avez un souci de santé quelconque (comme Eric qui s’est vu en souffrance par rapport à l’altitude) et que vous avez le livret, vous pourrez lire qu’il y a un lieu de premier secours avec un médecin et une infirmière 24h/24h à la station 7 (juste avant le chalet « Kamaiwa-kan ») et à la station 8 (dans le chalet « Taishi-kan »). Et il ne faut pas hésiter !

Quelques conseils

Pour que cette randonnée soit une des plus belles de votre vie, je pense vraiment qu’il faut :

  1. s’être préparé un minimum
  2. mangez et buvez régulièrement, c’est indispensable
  3. ne pas hésitez à s’arrêter pour souffler, regarder le paysage, s’acclimater
  4. marchez lentement mais régulièrement

4 – La beauté du mont Fuji

Nous avions choisi de monter de nuit pour assister au lever du soleil. Eric étant malade lors de l’ascension, nous avons stoppé à la station réelle 8 (point de jonction entre la voie montante et descendante). Mais , même sans être allé au sommet, le lever de soleil était juste magique !

C’est vraiment une expérience inoubliable. Le lieu est absolument magnifique, l’effort en vaut la peine. De plus, c’est un lieu sacré pour les japonais et même vous, touriste, vous ressentez cette spiritualité. Je laisse à votre réflexion ce très célèbre proverbe japonais :

«Celui qui gravit le mont Fuji une fois est un sage, celui qui le fait deux fois est un fou.»

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